La Presse: Projet de site d’enfouissement de déchets nucléaires de Chalk River « L’endroit est mauvais et la méthode est mauvaise »

le 24 nov. 2023

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Projet de site d’enfouissement de déchets nucléaires de Chalk River « L’endroit est mauvais et la méthode est mauvaise »

Un projet de site d’enfouissement de déchets nucléaires près de la rivière des Outaouais doit être rejeté en raison des risques environnementaux qu’il représente et parce que la procédure d’autorisation est entachée par un conflit d’intérêts, plaident différentes nations autochtones.

Jean-Thomas Léveillé – La Presse

Publié le 24 nov. 2023

L’aménagement d’une « installation de gestion des déchets près de la surface » (IGDPS) – soit un site d’enfouissement de déchets nucléaires – aux Laboratoires de Chalk River, du côté ontarien de la rivière, fait l’objet d’une demande d’autorisation étudiée depuis 2016 par la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN). Elle doit rendre sa décision dans les prochaines semaines.

Le site d’enfouissement projeté recevrait des déchets radioactifs de faible activité pendant au moins 50 ans dans la municipalité de Deep River, voisine de Chalk River, en Ontario, à un kilomètre de la rivière des Outaouais, à proximité d’un milieu humide.

Il consisterait en un monticule artificiel, d’une hauteur équivalente à un édifice de cinq étages, composé de différentes cellules de stockage et doté de systèmes de collecte du lixiviat, de détection des fuites et de surveillance de l’environnement.

Cette conception est « essentiellement la même » que celle de n’importe quel site d’enfouissement de déchets domestiques dangereux au Canada, alors que des déchets radioactifs exigent un niveau de protection « beaucoup plus strict », s’étonne l’avocate Theresa A. McClenaghan, directrice générale de l’Association canadienne du droit de l’environnement.

« On ne mettrait jamais, jamais, jamais un site d’enfouissement dans une zone humide, et jamais si près d’une rivière importante. […] C’est absolument épouvantable, on ne peut pas le croire. »

 Theresa A. McClenaghan, directrice générale de l’Association canadienne du droit de l’environnement

En cas de fuite, de la matière radioactive pourrait donc pénétrer dans la zone humide et atteindre la rivière des Outaouais, indique Mme McClenaghan, prévenant que les conséquences pourraient être décuplées en cas d’évènement météorologique extrême.

Dans ce monticule artificiel, « il y aurait de la place pour un million de tonnes de déchets radioactifs », qui le demeureraient pendant des siècles, s’indigne Justin Roy, membre du conseil de bande et conseiller en développement économique de la Première Nation de Kebaowek, au Québec, qui fait partie de la dizaine de communautés algonquines s’opposant au projet.

La rivière des Outaouais, que les Premières Nations appellent Kichi Sibi, est d’une grande importance spirituelle et culturelle pour elles, notamment en raison de la présence de sites sacrés.

Les villes de Gatineau et de la Communauté métropolitaine de Montréal s’opposent aussi au projet, soulignant que la rivière des Outaouais et le fleuve Saint-Laurent, dans lequel elle se jette, sont la source d’eau potable de millions de personnes, en aval du site de Chalk River.

Impacts potentiels « pas banals du tout »

Les impacts sur la santé d’une éventuelle fuite « ne sont pas banals du tout », s’inquiète le docteur Éric Notebaert, vice-président de l’Association québécoise des médecins pour l’environnement et professeur à la faculté de médecine de l’Université de Montréal.

« Toute exposition au rayonnement ionisant, même faible, a des risques, surtout s’il s’agit d’une exposition chronique », explique-t-il. Il se dit aussi préoccupé par l’eau tritiée, « de l’eau radioactive », générée à Chalk River.

Sa pénétration rapide dans l’ADN, démontrée par des études sur les animaux, « peut induire des cancers, des malformations congénitales, des morts in utero », dit le Dr Notebaert, dont l’organisation s’oppose aussi au projet.

« L’endroit est mauvais et la méthode de confinement est mauvaise. Il va tôt ou tard y avoir un ruissellement dans la rivière et dans le fleuve. Ça, c’est fort inquiétant. »

Les Laboratoires nucléaires canadiens soutiennent de leur côté que leur projet permettra un stockage sûr des déchets grâce à une membrane de fond d’une épaisseur d’un mètre et demi, une couverture de deux mètres d’épaisseur, une surveillance du site et la possibilité d’effectuer des réparations au besoin.

Apparence de conflit d’intérêts

L’un des deux commissaires chargés d’étudier la demande d’autorisation du projet, Marcel Lacroix, a déjà travaillé aux Laboratoires de Chalk River, indique sa biographie sur le site internet de la CCSN. Il est titulaire d’un doctorat en génie nucléaire, professeur à l’Université de Sherbrooke et consultant en ingénierie. La seconde commissaire a, quant à elle, terminé son mandat.

Les Premières Nations de Kebaowek et Kitigan Zibi y voient « un gros problème », dit Justin Roy. Il espère que la Commission étudiera objectivement le projet.

« La CCSN n’a jamais dit non à un projet, pas une fois. Chaque fois qu’un projet a été soumis, la CCSN l’a approuvé. »

 Justin Roy, Première Nation de Kebaowek

La CCSN « est très proche de l’industrie qu’elle réglemente », affirme l’avocate Theresa A. McClenaghan.

« Il faut se demander si le régulateur est suffisamment indépendant lorsqu’il y a en son sein trop de personnes issues de l’industrie réglementée », dit-elle, estimant que cela alimente la perception de partialité ou de manque d’indépendance de la Commission.

La Commission assure de son côté que le processus d’évaluation est impartial.

« Il n’y a aucun conflit d’intérêts. Les commissaires sont nommés par le gouverneur en conseil, c’est-à-dire la gouverneure générale, sur l’avis du Cabinet », a répondu par courriel un porte-parole de l’organisme, Braeson Holland, après avoir refusé la demande d’entrevue de La Presse.

« Les commissaires s’engagent à respecter les normes d’éthique les plus élevées et les lignes directrices les plus rigoureuses concernant les conflits d’intérêts », a-t-il ajouté, soulignant la vaste expertise de Marcel Lacroix.

Sollicité pour cet article, Marcel Lacroix n’a pas rappelé La Presse.

Droits bafoués

Les Premières Nations déplorent que le projet ait pu avancer sans leur consentement libre, préalable et éclairé, une notion pourtant enchâssée dans la législation canadienne, et accusent la CCSN de ne pas les avoir consultées convenablement.

Les chefs de trois communautés algonquines ont été entendus lors de l’audience finale de la Commission, en août, mais ils n’ont pas été autorisés à poser des questions au promoteur du projet, déplore Justin Roy.

Les Premières Nations n’excluent pas de saisir les tribunaux pour contester une éventuelle autorisation du projet par la Commission.

Elles ont aussi lancé une pétition parrainée par le Bloc québécois réclamant que le gouvernement fédéral soumette à un examen de l’Agence internationale de l’énergie atomique les projets de déclassement de réacteurs nucléaires et d’élimination permanente des déchets, comme celui de Chalk River, et que la Commission sursoie à sa décision dans ce dossier tant que leurs droits n’auront pas été respectés.

EN SAVOIR PLUS

1945

Début des activités des Laboratoires de Chalk River, qui ont notamment permis le développement du réacteur nucléaire CANDU

SOURCE : COMMISSION CANADIENNE DE SÛRETÉ NUCLÉAIRE

1952

Les Laboratoires de Chalk River sont le théâtre du premier accident nucléaire au monde, le 12 décembre. Un second surviendra en 1958.

SOURCE : SANTÉ CANADA

Chalk River nuclear waste site project “The place is wrong and the method is wrong”.

La Presse: Chalk River nuclear waste site project “The place is wrong and the method is wrong”.

November 24, 2023

https://www.lapresse.ca/actualites/2023-11-24/projet-de-site-d-enfouissement-de-dechets-nucleaires-de-chalk-river/l-endroit-est-mauvais-et-la-methode-est-mauvaise.php?sharing=true

Chalk River nuclear waste site project “The place is wrong and the method is wrong”.

A proposed nuclear waste disposal site near the Ottawa River should be rejected because of the environmental risks it poses and because the authorization procedure is tainted by a conflict of interest, argue various aboriginal nations.

Jean-Thomas Léveillé – La Presse

Published Nov. 24, 2023

The development of a “near-surface waste management facility” (NSWMF) – a nuclear waste burial site – at Chalk River Laboratories, on the Ontario side of the river, has been the subject of an application for authorization studied since 2016 by the Canadian Nuclear Safety Commission (CNSC). A decision is expected in the coming weeks.

The proposed landfill would receive low-level radioactive waste for at least 50 years in the municipality of Deep River, near Chalk River, Ontario, one kilometer from the Ottawa River, close to a wetland.

It would consist of a man-made mound, equivalent in height to a five-storey building, made up of different storage cells and equipped with leachate collection, leak detection and environmental monitoring systems.

This design is “essentially the same” as that of any domestic hazardous waste landfill in Canada, whereas radioactive waste requires a “much stricter” level of protection, astonishes lawyer Theresa A. McClenaghan, Executive Director of the Canadian Environmental Law Association.

“You would never, ever, ever put a landfill in a wetland, and never this close to a major river […]. […] It’s absolutely appalling, we can’t believe it.”

Theresa A. McClenaghan, Executive Director, Canadian Environmental Law Association

In the event of a leak, radioactive material could enter the wetland and reach the Ottawa River, says Ms. McClenaghan, warning that the consequences could be multiplied tenfold in the event of an extreme weather event.

In this artificial mound, “there would be room for a million tonnes of radioactive waste”, which would remain there for centuries, says Justin Roy, band council member and economic development advisor for the Kebaowek First Nation in Quebec, one of a dozen Algonquin communities opposing the project.

The Ottawa River, which the First Nations call Kichi Sibi, is of great spiritual and cultural importance to them, not least because of the presence of sacred sites.

The cities of Gatineau and the Communauté métropolitaine de Montréal are also opposed to the project, pointing out that the Ottawa River and the St. Lawrence River, into which it flows, are the source of drinking water for millions of people downstream of the Chalk River site.

Potential impacts “not trivial at all”

The health impacts of a potential leak “are not trivial at all”, worries Dr. Éric Notebaert, vice-president of the Association québécoise des médecins pour l’environnement and professor at the Université de Montréal’s Faculty of Medicine.

“Any exposure to ionizing radiation, no matter how small, carries risks, especially if it’s chronic,” he explains. He is also concerned about the tritiated water, “radioactive water”, generated at Chalk River.

Its rapid penetration into DNA, demonstrated by animal studies, “can induce cancers, birth defects, deaths in utero,” says Dr. Notebaert, whose organization also opposes the project.

“The location is wrong and the containment method is wrong. Sooner or later, there will be runoff into the river. That’s very worrying.”

The Canadian Nuclear Laboratories, for their part, maintain that their project will enable safe storage of waste thanks to a one-and-a-half-meter-thick bottom liner, a two-meter-thick cover, site monitoring and the possibility of carrying out repairs if necessary.

Apparent conflict of interest

One of the two commissioners responsible for reviewing the project application, Marcel Lacroix, previously worked at Chalk River Laboratories, according to his biography on the CNSC website. He holds a doctorate in nuclear engineering, is a professor at the Université de Sherbrooke and is an engineering consultant. The second commissioner has completed her term.

The Kebaowek and Kitigan Zibi First Nations see this as “a big problem”, says Justin Roy. He hopes the Commission will study the project objectively.

“The CNSC has never said no to a project, not once. Every time a project has been submitted, the CNSC has approved it.”

Justin Roy, Kebaowek First Nation

The CNSC “is very close to the industry it regulates,” says lawyer Theresa A. McClenaghan.

“You have to wonder whether the regulator is sufficiently independent when there are too many people from the regulated industry,” she says, arguing that this fuels the perception of bias or lack of independence on the part of the Commission.

For its part, the Commission assures us that the evaluation process is impartial.

“There is no conflict of interest. The Commissioners are appointed by the Governor in Council, that is, the Governor General, on the advice of Cabinet,” responded a spokesman for the organization, Braeson Holland, by e-mail, after declining La Presse’s request for an interview.

“Commissioners are committed to the highest ethical standards and guidelines regarding conflict of interest,” he added, noting Marcel Lacroix’s extensive expertise.

Contacted for this article, Marcel Lacroix did not return La Presse’s calls.

Rights denied

The First Nations deplore the fact that the project was able to go ahead without their free, prior and informed consent, a notion enshrined in Canadian legislation, and accuse the CNSC of failing to consult them properly.

The chiefs of three Algonquin communities were heard at the Commission’s final hearing in August, but were not allowed to ask the project proponent any questions, deplores Justin Roy.

The First Nations have not ruled out taking their case to court to challenge the Commission’s eventual authorization of the project.

They have also launched a petition, sponsored by the Bloc Québécois, calling on the federal government to submit nuclear reactor decommissioning and permanent waste disposal projects, such as Chalk River, to the International Atomic Energy Agency for review, and for the Commission to stay its decision on the matter until their rights have been respected.

READ MORE

1945

Chalk River Laboratories begin operations, leading to the development of the CANDU nuclear reactor.

SOURCE: CANADIAN NUCLEAR SAFETY COMMISSION

1952

Chalk River Laboratories are the scene of the world’s first nuclear accident, on December 12. A second accident occurred in 1958.

SOURCE: HEALTH CANADA

Processus de sélection du lieu d’implantation de l’IGDPS défectueux

1er novembre 202

Le site proposé pour l’IGDPS de Chalk River se trouve sur le flanc d’une colline boisée escarpée, dont la base est entourée de zones humides qui se déversent dans la rivière des Outaouais, à moins d’un kilomètre de là. Cette proposition d’emplacement préoccupe vivement de nombreux détracteurs du projet, notamment les Premières nations d’Algoqnuin, plus de 150 municipalités du Québec et de l’Ontario, ainsi que de nombreux groupes de citoyens et ONG.

Le choix d’un site aussi inadapté pour l’IGDPS peut être attribué à une procédure d’implantation inadéquate qui n’a pas respecté les normes de sécurité internationales et les recommandations de l’Agence internationale de l’énergie atomique, dont le Canada est un État membre.

Le guide de sûreté SSG-29 de l’AIEA, annexe 1, Siting of Near Surface Disposal Facilities, indique que le choix du site est une “activité fondamentalement importante dans l’élimination des déchets radioactifs”. (Réf. : https://www-pub.iaea.org/MTCD/publications/PDF/Pub1637_web.pdf, p. 83)

Le SSG-29 indique que les deux premières étapes du processus de choix du site sont une “étape conceptuelle et de planification”, au cours de laquelle “les volumes de déchets et les activités projetés doivent être quantifiés”, et une “étape d’étude de la zone”, impliquant “une cartographie ou une enquête régionale”.

Le type d’installation et le site de l’ IGDPS ont été sélectionnés sans quantifier les volumes et les activités des déchets fédéraux en attente d’élimination, et sans enquête régionale, sautant ainsi les deux premières étapes identifiées dans le guide de sûreté de l’AIEA.

La proximité des structures contaminées en cours de démolition aux Laboratoires de Chalk River – et non la sécurité ou la protection de l’environnement – semble avoir été la priorité dans le choix du site de l’IGDPS. Aucune considération sérieuse n’a été accordée à d’autres sites que ceux situés sur la propriété de 3700 ha d’EACL à Chalk River.

La proximité des structures contaminées en cours de démolition aux Laboratoires de Chalk River – et non la sécurité ou la protection de l’environnement – semble avoir été la priorité dans le choix du site de l’IGDPS.

D’autres sites doivent être recherchés pour éviter le déversement rapide de substances radioactives et dangereuses dans une masse d’eau importante et pour éviter de placer les déchets dans une zone où la nappe phréatique est élevée (Réf. : CMD 22-H7, section 3.2, Évaluation des options de conception).

Les parties plates et sablonneuses de la propriété de 30 770 ha de la Base de soutien de la 4e Division du Canada  Petawawa du ministère de la Défense nationale, adjacente aux Laboratoires de Chalk River, pourraient accueillir une installation en voûte de béton souterraine plus grande, moins coûteuse et plus sûre. La végétation a été enlevée sur de vastes portions de cette propriété pour créer une zone d’entraînement au parachutisme pour le Régiment aéroporté du Canada, qui a été dissous en 1995.

Il conviendrait également de mener une enquête régionale sur les terres de la Couronne afin de déterminer si les formations géologiques se prêtent à la construction d’une caverne rocheuse peu profonde.

L’exigence de sûreté SSR-5 de l’AIEA, Disposal of Radioactive Waste, indique qu’une voûte en béton enterrée ou une caverne rocheuse peu profonde pourrait contenir une gamme plus large de types de déchets qu’une installation en surface de type décharge telle que le NSDF. (Réf. : https://www-pub.iaea.org/MTCD/Publications/PDF/Pub1449_web.pdf)

La partie sud du site choisi pour l’IGDPS repose sur une caractéristique classée en 1994 comme une “zone de fracture à haute probabilité”, large de dix mètres et longue de plus d’un kilomètre – une voie d’écoulement potentielle des eaux souterraines avec des “valeurs de perméabilité supérieures de plusieurs ordres de grandeur à la masse rocheuse en vrac”. (Ref : https://www.iaac-aeic.gc.ca/050/evaluations/document/139596, p.5-109). Cette caractéristique aurait dû éliminer le site proposé de tout examen ultérieur.

Les critères initiaux de sélection du site annoncés par le promoteur auraient exclu tout site présentant une pente supérieure à 10 %. Ce critère a été modifié à 25 % pour permettre le choix du site souhaité par CNL (Ref : Near Surface Disposal Facility Site Selection Report 232-10300-TN-001 Revision 2. Oct. 2016). En fait, le site proposé pour l’IGDPS a été rejeté comme site pour les déchets très faiblement radioactifs en raison de sa pente et de son substratum rocheux exposé, avant la privatisation des Laboratoires de Chalk River.

Les critères de sélection des sites devaient également exclure les habitats critiques connus ou proposés pour les espèces inscrites sur la liste de la loi fédérale sur les espèces en péril (LEP) ou du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC)”. Cependant, la construction du NSDF détruirait 30 hectares de forêts matures et semi-matures (y compris des frênes noirs en voie de disparition) qui fournissent un habitat de maternité de haute qualité à trois espèces de chauves-souris en voie de disparition (le myotis brun, le myotis du Nord et la chauve-souris tricolore) et un habitat de nidification à cinq espèces d’oiseaux en voie de disparition (la paruline du Canada, la paruline à ailes dorées, la grive des bois, le pioui de l’Est, l’engoulevent bois-pourri). Le projet aurait également des incidences négatives sur le loup de l’Est (Algonquin), une espèce clé en raison de sa prédation sur les orignaux et les cerfs, et sur les espèces aquatiques en péril telles que la tortue mouchetée.

Le site proposé pour le NSDF se trouve à flanc de colline, sur des roches fracturées, avec une nappe phréatique élevée, entouré sur trois côtés par des zones humides qui se jettent dans le lac Perch à 50 mètres de la base de la colline. Le ruisseau Perch s’écoule du lac Perch vers la rivière des Outaouais, à un kilomètre de là. L’ensemble de la propriété des Laboratoires de Chalk River – avec sa proximité de la rivière des Outaouais, sa nappe phréatique élevée, son terrain accidenté et sa roche-mère fracturée – est un très mauvais emplacement pour le stockage permanent de déchets radioactifs. Le NSDF détruirait l’habitat de nombreuses espèces à risque.

Why did the CNSC say it would request an IAEA review of the NSDF safety case in 2018 and then back away?

The International Atomic Energy Agency (IAEA) has an Integrated Review Service for Radioactive Waste and Spent Fuel Management, Decommissioning and Remediation (ARTEMIS) that provides independent advice on radioactive waste management policies and projects.

On Thursday, May 17, 2018, Ramzi Jammal, former Executive Vice-President and Chief Regulatory Operations Officer of the Canadian Nuclear Safety Commission (CNSC), who is now the acting CEO of the CNSC, presented an update on the CNSC’s regulatory activities at the 42nd International Nuclear Regulators Association Meeting in Gyeongju, Republic of Korea. 

His presentation, “Canadian Update to the International Nuclear Regulators Association”, is on the CNSC website at https://nuclearsafety.gc.ca/eng/resources/presentations/2018.cfm (scroll down to May 17th).

On Slide 27 of his presentation on “RECENT NOTABLE ACTIVITIES”, under Peer Review Missions, he says 

“The CNSC to request an IAEA review mission for radioactive waste and spent fuel management, decommissioning and remediation programs (ARTEMIS) to review the safety cases for CNL’s proposed major projects” (last line on slide 27, below)

The reference to “CNL’s proposed major projects” means i) the Near Surface Disposal Facility (NSDF) project at the Chalk River Laboratories, ii) the proposed entombment of the Nuclear Power Demonstration reactor located on the Ottawa River 25 km upstream from Chalk River in Rolphton, Ontario, and iii) the proposed entombment of the Whiteshell-1 Reactor on the Winnipeg River in Pinawa, Manitoba.  

All three projects have been criticized by retired staff from Atomic Energy of Canada Limited as not conforming to IAEA safety standards.  An IAEA ARTEMIS review could resolve this.

An access to information request for information about why the CNSC backed away from its intent to request an ARTEMIS review, was unsuccessful in discovering the reason. The material provided in response to the request is presented below. There is not much in it, but it is curious that one long email from someone at the IAEA is entirely redacted. Why the secrecy about this we wonder?

Hill Times ~ Le déluge souligne l’importance de l’audience finale pour le dépôt de déchets nucléaires – Audience finale des délégations de trois premières nations

THE HILL TIMES | LUNDI 21 AOÛT 2023

Il est grand temps que le gouvernement s’occupe de cette catastrophe environnementale en devenir, un problème grave qui s’aggravera si on l’ignore.

OTTAWA – Le 10 août, la Commission canadienne de sûreté nucléaire a tenu une audience finale sur l’autorisation d’un gigantesque dépôt de déchets radioactifs en surface près de la rivière des Outaouais, en amont d’Ottawa-Gatineau et de Montréal, à Chalk River (Ontario), qui a créé un précédent.

Des délégations de trois Premières Nations algonquines – Kebaowek, Kitigan Zibi et Barriere Lake – se sont réunies au 50 Sussex Dr. à Ottawa pour faire leurs présentations finales en personne aux membres de la communauté, aux alliés non autochtones et à une poignée de représentants élus, au mépris d’un décret de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) stipulant que l’audience ne serait que virtuelle. La CCSN a présidé l’audience via Zoom.

Pendant l’audience, une tempête sans précédent s’est abattue sur le site, avec d’énormes quantités de pluie, de tonnerre, de grêle et de vent qui ont soufflé sur les chaises de la terrasse extérieure couverte où la foule en surnombre regardait les débats. Malgré la férocité de l’orage, les aînés algonquins ont entretenu un feu sacré cérémoniel tout au long de la cérémonie.

Si le projet est approuvé, la décharge géante, appelée “installation de stockage en surface” (IGDPS) par le promoteur, contiendrait un million de tonnes de déchets radioactifs et dangereux dans un monticule en surface sur la propriété des laboratoires de Chalk River, une installation nucléaire fédérale fortement contaminée établie sur des terres algonquines volées en 1944 afin de produire du plutonium pour les armes nucléaires américaines. Les laboratoires de Chalk River représentent un énorme passif environnemental pour le gouvernement du Canada, avec un coût de dépollution estimé à plusieurs milliards de dollars.

Le promoteur de la décharge est un consortium multinational composé de SNC-Lavalin et de deux multinationales basées au Texas : Fluor et Jacobs. Le consortium a été engagé par le gouvernement conservateur en 2015 pour réduire rapidement et à moindre coût l’énorme responsabilité fédérale en matière de déchets nucléaires hérités. Paradoxalement, les coûts pour les contribuables de la gestion des déchets radioactifs hérités du gouvernement fédéral canadien ont grimpé à plus d’un milliard de dollars par an après la privatisation.

L’audition du 10 août a créé un précédent à deux égards. Si elle est approuvée, l’IGDPS sera la toute première installation de stockage permanent des déchets de réacteurs nucléaires au Canada. Deuxièmement, la décision d’autoriser ou non l’installation est un test important de l’engagement du Canada envers la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, qui interdit le stockage de déchets radioactifs sur les terres des peuples autochtones sans leur consentement libre, préalable et éclairé. Dix des onze Premières nations algonquines, dont les membres vivent dans la vallée de l’Outaouais depuis des temps immémoriaux, ont déclaré qu’elles ne consentaient pas à ce que l’ IGDPS soit implanté sur leur territoire non cédé.

Bon nombre des déchets qu’il est proposé d’éliminer dans le NSDF resteront dangereux et radioactifs pendant des milliers, voire des millions d’années, selon le Dr. J.R. Walker, le plus grand expert canadien en matière de déchets radioactifs hérités du gouvernement fédéral et de la meilleure façon de les gérer. M. Walker a clairement indiqué que les déchets proposés pour l’IGDPS ne sont pas des déchets de faible activité, mais des déchets radioactifs de “niveau intermédiaire” qui devraient être éliminés à des dizaines, voire des centaines de mètres sous la surface du sol. Il a également affirmé que la proposition n’était pas conforme aux normes de sécurité internationales.

Le site proposé pour l’IGDPS se trouve sur le flanc d’une colline entourée de zones humides qui se jettent dans la rivière des Outaouais, à moins d’un kilomètre de là.

La déclaration d’impact sur l’environnement du promoteur documente les nombreuses façons dont la décharge pourrait fuir pendant son exploitation et après sa fermeture. Trois isotopes du plutonium figurent sur la longue liste des radionucléides qui seraient rejetés dans la rivière des Outaouais dans les “effluents traités” de la décharge. Le monticule devrait se dégrader, s’éroder et finalement se désintégrer en raison de “l’évolution naturelle”.

La plupart des gens pensent qu’il est répréhensible de déverser délibérément des matières radioactives dans une importante source d’eau potable telle que la rivière des Outaouais, car il n’existe pas de niveau d’exposition sûr à ces poisons fabriqués par l’homme. Chaque rejet accidentel ou délibéré augmente les risques de cancer, de malformations congénitales et de dommages génétiques chez les populations exposées.

L’Assemblée des Premières Nations et plus de 140 municipalités situées en aval, dont Ottawa, Gatineau et Montréal, ont adopté des résolutions exprimant leur inquiétude à l’égard de la proposition du IGDPS.

Malgré les nombreuses lacunes et la forte opposition, le personnel de la Commission canadienne de sûreté nucléaire n’a jamais hésité à soutenir le projet de décharge. Il semble qu’il n’ait jamais reçu le mémo en 2000 lorsque le mandat de l’organisation a été modifié par une nouvelle législation, passant d’un rôle de promotion de l’industrie nucléaire à un mandat strictement axé sur la protection des Canadiens et de l’environnement.

L’audience du 10 août a été présidée par un seul commissaire, ainsi que par la présidente de la CCSN. Leurs curriculum vitae respectifs font état de longs états de service et d’allégeance à l’industrie nucléaire. Les deux fonctionnaires n’ont pas posé une seule question aux équipes d’intervenants des Premières nations, qui étaient manifestement choquées par le manque d’intérêt pour les informations qu’elles s’étaient donné tant de mal à rassembler et à partager. Un membre de l’équipe a demandé : “Pouvons-nous vous poser des questions ?”, ce à quoi le président a sèchement répondu : “Ce n’est pas notre façon de procéder.”

Le régime de gouvernance nucléaire gravement déficient du Canada a été décrit précédemment dans le Hill Times. La gouvernance nucléaire au Canada s’appuie fortement sur la CCSN pour presque tous les aspects de la surveillance de l’industrie nucléaire. La CCSN est largement perçue comme un “régulateur capturé” qui promeut les projets qu’elle est censée réglementer.

Il est clair que notre régime de gouvernance nucléaire gravement déficient a permis à l’IGDPS – un simulacre grotesque d’installation de gestion responsable des déchets radioactifs – d’être proposée et prise au sérieux au Canada. La décision de la CCSN d’approuver le permis pour l’IGDPS est attendue prochainement.

La puissante tempête qui s’est abattue sur le 50 Sussex Dr. pendant que l’on entendait des témoignages en langue algonquine sur la cupidité et la destruction inconsidérée de l’environnement a souligné la gravité de la décision envisagée. Il ne fait aucun doute qu’une tempête record comme celle qui a frappé l’IGDPS au cours de sa phase de remplissage de 50 ans – alors que les déchets sont exposés aux éléments – pourrait facilement provoquer d’importants déversements de poisons radioactifs et d’autres matières dangereuses dans la rivière des Outaouais.

Il est grand temps que le gouvernement se réveille et s’attaque à cette catastrophe environnementale en cours, un problème grave qui ne fera que s’aggraver au fur et à mesure qu’il sera ignoré.

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Lynn Jones est une gestionnaire de programme de santé publique à la retraite qui travaille maintenant pour Concerned Citizens of Renfrew County and Area, une organisation non gouvernementale qui œuvre depuis plus de 40 ans à l’assainissement et à la prévention de la pollution radioactive provenant de l’industrie nucléaire dans la vallée de l’Outaouais. Elle est basée à Ottawa.

L’image ci-dessous est une simulation de l’effet baignoire tirée du documentaire de Découverte “Chalk River Heritage”.

Hill Times ~ Deluge underlines the importance of final hearing for nuclear waste dump beside the Ottawa River

Published in the Hill Times Monday August 21, 2023

On August 10, 2023, the Canadian Nuclear Safety Commission held a precedent-setting final licensing hearing for a giant above-ground radioactive waste dump beside the Ottawa River upstream of Ottawa-Gatineau and Montreal at Chalk River, Ontario.

Delegations from three Algonquin First Nations – Kebaowek, Kitigan Zibi and Barriere Lake – gathered at 50 Sussex Drive to make their final presentations in-person to community members, non-Indigenous allies and a handful of elected officials, in defiance of a Canadian Nuclear Safety Commission (CNSC) decree that the hearing would be virtual only. The CNSC presided over the hearing by Zoom.

While the hearing was taking place, an unprecedented storm hit the venue with huge amounts of rain, thunder, hail and wind that blew over the chairs on the outdoor covered terrace where the overflow crowd was watching the proceedings. Despite the ferocious storm, Algonquin Elders kept a ceremonial sacred fire burning throughout.

If approved, the giant dump, called a “near-surface disposal facility” (NSDF) by the proponent, would hold one million tonnes of radioactive and hazardous waste in an above-ground mound on the property of Chalk River Laboratories, a heavily contaminated federal nuclear facility established on stolen Algonquin land in 1944 to produce plutonium  for US nuclear weapons. Chalk River Laboratories is a huge environmental liability for the Government of Canada, with an estimated cleanup cost in the billions of dollars.

The dump proponent is a multinational consortium comprised of SNC-Lavalin, and two Texas-based multinationals, Fluor and Jacobs. The consortium was contracted by the Harper government in 2015 to quickly and cheaply reduce the enormous federal legacy nuclear waste liability. Perversely, costs to Canadian taxpayers for managing Canada’s federal legacy radioactive wastes ballooned to more than 1 billion dollars per year after privatization.

The August 10 hearing was precedent-setting in two ways.  If approved, the NSDF would be the first ever facility for permanent disposal of nuclear reactor waste in Canada. Secondly, the decision whether or not to license the facility is an important test of Canada’s commitment to the United Nations Declaration on the Rights of Indigenous Peoples, which forbids storage of radioactive waste on the land of Indigenous Peoples without their free, prior and informed consent. Ten of the eleven Algonquin First Nations whose people have lived in the Ottawa Valley since time immemorial say they  do not consent to the NSDF on their unceded territory.

Many of the wastes proposed for disposal in the NSDF will be hazardous and radioactive for thousands to millions of years, according to Canada’s foremost expert on the federal legacy radioactive wastes and how best to manage them, Dr. JR Walker.  Dr. Walker has clearly stated that wastes proposed for the NSDF do not qualify as low level waste but are in fact “intermediate level” radioactive waste that should be disposed of tens to hundreds of meters below the ground surface. He also notes that the proposal is non-compliant with International Safety Standards.

The site for the proposed “NSDF” is on the side of a hill surrounded by wetlands that drain into the Ottawa River – less than one kilometre away. The proponent’s environmental impact statement documents many ways the dump could leak during operation and after closure. Three isotopes of plutonium are included in the long list of radionuclides that would be discharged into the Ottawa River in “treated effluent” from the dump. The mound is expected to degrade and erode and eventually disintegrate due to “natural evolution.”  

Most people believe it is wrong to deliberately discharge radioactive materials into a major drinking water source such as the Ottawa River, since there is no safe level of exposure to these man-made poisons. Every accidental and deliberate discharge increases risks of cancer, birth defects and genetic damage in the populations exposed.

The Assembly of First Nations and more than 140 downstream municipalities – including Ottawa, Gatineau and Montreal – have passed resolutions of concern about the NSDF proposal. 

Despite the many serious shortcomings and strong opposition, the Canadian Nuclear Safety Commission staff have never wavered in their support for the dump. It appears they never “got the memo” back in 2000, when the organization’s mandate changed under new legislation from a role that included promotion of the nuclear industry, to a mandate strictly focused on protecting Canadians and the environment.

The August 10 hearing was presided over by only one Commissioner – along with the CNSC President. Both of their CVs tout long service and allegiance to the nuclear industry. The two officials askednot one single question of the First Nation intervenor teams, who were clearly shocked by the lack of interest in the information they had gone to such great lengths to gather and share. A member of the team asked, “Well, can we ask you some questions?” to which the President curtly replied, “That’s not our process.”

Canada’s seriously deficient nuclear governance regime has been described previously in the Hill Times here and here.  Nuclear governance in Canada relies heavily on the Canadian Nuclear Safety Commission for almost all aspects of nuclear industry oversight. The CNSC is widely perceived to be a “captured regulator”  that promotes the projects it is supposed to regulate.

It is clear that our seriously deficient nuclear governance regime has enabled the NSDF — a grotesque mockery of a responsible radioactive waste management facility—  to be proposed and taken seriously in Canada. A CNSC decision to approve the license for the NSDF is expected soon.

The powerful storm that pounded 50 Sussex Drive while testimony was being heard in the Algonquin language about greed and heedless destruction of the environment, underlined the serious decision being contemplated. There is no question that a record-breaking storm like that one, hitting the NSDF during its 50-year long filling stage – while wastes are exposed to the elements, could readily cause large spills of radioactive poisons and other hazardous materials into the Ottawa River.

It’s long past time that the government woke up and dealt with this environmental catastrophe in the making, a serious problem that will only grow steadily worse the longer it is ignored.

Lynn Jones is a retired public health program manager now with Concerned Citizens of Renfrew County and Area, a non-governmental organization that has been working for the clean-up and prevention of radioactive pollution from the nuclear industry in the Ottawa Valley for over 40 years. She is based in Ottawa.

Image below is a simulation of the bathtub effect from the Decouverte documentary “Chalk River Heritage.”

Algonquin First Nations standing firm to protect Kitchi Sibi (the Ottawa River) from a giant radioactive waste dump

August 3, 2023 by Lynn Jones Ottawa River Institute

The Ottawa River is a Canadian Heritage River that flows for 1300 kilometers from its origin in Central Quebec to its confluence with the St. Lawrence River at Montreal.

The Ottawa River is sacred for the Algonquin Anishinabe People whose traditional territory it defines. In Algonquin it is called Kitchi Sibi, or “Great River.”

The Algonquin People have lived in the Ottawa River watershed since time immemorial. A strong ethic of environmental stewardship is part of their Anishinabe worldview and they consider it their responsibility to protect the land and water for all life and future generations.

We are fortunate that the Algonquin People take their stewardship responsibility so seriously. Right now, they are a strong protective force standing between a proposed, giant, bargain-basement, nuclear waste dump and the beautiful Kitichi Sibi that supports so many lifeforms and provides drinking water to millions of people downstream.

A multinational consortium (SNC-Lavalin, Fluor and Jacobs) is promoting a giant seven-story mound on the grounds of the Chalk River Laboratories, northwest of Ottawa, directly across the Ottawa River from the province of Quebec. If approved, it would hold one million tonnes of radioactive and other hazardous waste. The proposed dump is called the “NSDF,” and the proponent is “Canadian Nuclear Laboratories,” a wholly-owned subsidiary of the multinational consortium.

The Chalk River Laboratories site is heavily contaminated from eight decades of nuclear activities including production of plutonium for the US nuclear weapons program. The accumulated radioactive wastes at Chalk River were described in a 2011 Ottawa Citizen article “Chalk River’s Toxic Legacy.”  The estimated cost for a proper cleanup is $16 billion. Chalk River Laboratories was privatized by the federal government in 2015 to quickly and cheaply reduce this enormous environmental liability.

The Chalk River site needs to be cleaned up but the proposed giant landfill is not the right approach according to many who have studied the proposal including Algonquin First Nations, retired senior scientists from Atomic Energy of Canada Limited, civil society groups and concerned citizens. The Assembly of First Nations and more than 140 municipalities, including Pontiac County, Ottawa, Gatineau and Montreal have passed resolutions of concern about the proposed project.

Critics say that the proposed site is unsuitable for a dump of any kind. It is located less than one kilometre from the Ottawa River and is surrounded by wetlands that drain into the river. The site is tornado and earthquake prone and the underlying bedrock is porous and fractured.

Other concerns include:

  • Many of the radioactive materials destined for the dump, such as plutonium, will be hazardous for 100,000 years. The International Atomic Energy Agency says radioactive wastes such as these must be carefully stored out of the biosphere, not in an above-ground mound.
  • Dioxins, PCBs, asbestos, mercury, up to 13 tonnes of arsenic and hundreds of tonnes of lead would go into the dump along with  thousands of tonnes of copper and iron and 33 tonnes of aluminum, tempting scavengers to dig into the mound after closure.
  • The dump proponent is importing commercial and federal nuclear wastes to Chalk River for disposal in the NSDF. These shipments are happening despite a specific request from the City of Ottawa for cessation of radioactive waste imports into the Ottawa Valley.
  • There is no safe level of exposure to the radiation that would leak into the Ottawa River from the Chalk River mound. All of the escaping radioactive materials would increase risks of birth defects, genetic damage, cancer and other chronic diseases.
  • The giant pile of leaking radioactive waste would be difficult to remediate. Remediation costs could exceed those of managing the wastes had they not been put in the mound. There are far better ways to manage radioactive waste and keep it out of the biosphere but they cost more money. It would be better to spend the money up front on high quality facilities farther away from a major drinking water source.

The environmental assessment for the NSDF has dragged on for seven years and the final licensing hearing is now scheduled for August 10, 2023. The assessment and the final decision about whether or not to license the dump are in the hands of Canada’s “captured nuclear regulator,” the Canadian Nuclear Safety Commission. CNSC staff continue to recommend approval of the dump. An Expert Panel  recommended in 2017 that the CNSC not be in charge of environmental assessment for nuclear projects. Participants in the environmental assessment for the NSDF have noted many serious flaws in the process. 

Weeklong licensing hearings in June 2022 were to have been the “final” hearings for the NSDF but in a surprise move, the CNSC decided to “keep the record open” for continued consultations with Kebaowek and Kitigan Zibi First Nations, two of the 11 Algonquin First Nations whose people have lived in the Ottawa River watershed for thousands of years and who have never ceded their territory to the Crown or the Canadian government.

During the extended consultations which wrapped up this past spring, Kebaowek and Kitigan Zibi First Nations conducted research at the proposed dump site. They documented extensive threats to their Indigenous rights and to biodiversity in the NSDF footprint in a booklet available online here. Their joint final submission outlines numerous potential legal failures and violations should the CNSC decide to license the NSDF on their unceded territory.

On June 20 at a press conference in Ottawa, Chiefs of Kebaowek and Kitigan Zibi First Nations along with two Algonquin Grand-Chiefs, together representing 10 of the 11 Algonquin First Nations, said very clearly that they do not consent to the construction of the NSDF on their unceded territory and that approving the dump without their consent would contradict the United Nations Declaration on the Rights of Indigenous Peoples.  Earlier in June, their sister First Nation, the Algonquins of Pikwakanagan, signed an agreement with the proponent, offering consent for the NSDF in exchange for economic and business opportunities and a role in monitoring at the site.

This struggle seems destined to play out in the courts over many years. It seems tragic that so much time, energy and money have been expended on such a bad proposal. Canada’s poor nuclear governance system is largely to blame for this; there is literally no one minding the shop other than our captured nuclear regulator, the CNSC and nuclear reactor proponents at Natural Resources Canada. 

Thank goodness for our Algonquin brothers and sisters who are standing firm to protect Kitchi Sibi and actually have a good chance to eventually stop the madness.

Photo below of the Ottawa River looking north, near the Chalk River Laboratories.

Lynn Jones is a founding member of the Ottawa River Institute, a non-profit, charitable organization based in the Ottawa Valley. ORI’s mission is to foster sustainable communities and ecological integrity in the Ottawa River watershed. 

Final licensing hearing for the NSDF August 10

July 2023

The Algonquins of Kebaowek, Kitigan Zibi and Barriere Lake First Nations are holding a public meeting on August 10, 2023, at 50 Sussex Drive in Ottawa, to make their final presentations to the Canadian Nuclear Safety Commission about the proposed nuclear waste facility beside the Ottawa River, the NSDF.

This is a very important hearing because it is the final step in the licensing process for the NSDF, the first ever proposal for permanent nuclear reactor waste disposal in Canada. It is also a test of Canada’s commitment to the United Nations Declaration on the Rights of Indigenous Peoples. A decision to license the NSDF would contradict four articles of UNDRIP ( see details here).

There were “final” licensing hearings for the NSDF last year, in May/June 2022, but at the end of those proceedings it was recognized that consultation with Algonquin First Nations has been inadequate. Consultations with Kebaowek and Kitigan Zibi First Nations continued over the past year and included an Indigenous-led assessment of the potential impacts of the NSDF on Indigenous Rights. The findings of the assessment are summarized in this booklet.

The hearing on August 10 is the culmination of a seven-year long environmental assessment process for the NSDF – a giant above-ground mound which would hold up to one million tons of radioactive and other hazardous waste. The proposed facility would be located on unceded Algonquin territory, less than one kilometer from the Kitchi Sibi (Ottawa River) on the side of a hill surrounded by wetlands which drain via a creek into the river. The proponent of the waste facility is a multinational consortium (SNC-Lavalin, Fluor and Jacobs), which was contracted by the federal government in 2015 to quickly and cheaply reduce the multibillion dollar cleanup bill for Chalk River Labs, site of eight decades of nuclear activities such as plutonium production for US nuclear weapons. The proposed facility is expected to leak during and after construction and to disintegrate after a few hundred years due to “natural evolution.” Ten Algonquin First Nations, the Assembly of First Nations, and more than 150 municipalities including Ottawa, Gatineau and Montreal, have serious concerns about the proposed facility. More information can be found here, here and here.

During this event, three Algonquin First Nations (Kebaowek, Kitigan Zibi Anishinabe and Barriere Lake) will make their final presentations to the Canadian Nuclear Safety Commission via videolink. They will present the findings of their Indigenous-led study of the NSDF proposal, outline their concerns and highlight the threats to their Indigenous rights that would occur if the facility were granted a license. Other participants in the hearing — the proponent, CNSC staff and Commissioners — will participate remotely by webcast.