Notes brèves au sujet des déchets radioactifs de faible radioactivité

Notes brèves au sujet des déchets radioactifs de faible radioactivité

Le monticule du dépotoir de Chalk River est un site proposé d’enfouissement  pour plus d’un million de tonnes de déchets radioactifs de propriété fédérale.  Il aurait de 5 à 7 étages de hauteur et serait situé sur le côté d’une colline entourée de terres humides, à moins d’un kilomètre de la rivière des Outaouais.

On dit souvent que le monticule du dépotoir de Chalk River ne contiendrait que des déchets de faible radioactivité.  Il est incorrect de présumer que cela signifie que les déchets radioactifs et le monticule seraient inoffensifs et à faible risque.  Brièvement, voici quelques faits:

Faible radioactivité ne veut pas dire faible risque.  Toutes les catégories de déchets radioactifs contiennent des matériaux qui émettent des radiations ionisées qui peuvent altérer l’ADN, causer des malformations du foetus, la leucémie, le cancer et des maladies chroniques.  Les déchets de faible radioactivité ne font pas exception.

Faible niveau de radioactivité fait référence au niveau de protection dont ont besoin les travailleurs pour manipuler les déchets.  L’industrie nucléaire canadienne utilise les termes “faible”, “intermédiaire” et “élevé” pour désigner les risques à court terme auxquels sont exposés les travailleurs qui ont manipulé les déchets – pas les risques à long terme d’une exposition du public.  Les déchets à risque élevé dégagent une chaleur intense et des rayonnements gamma qui peuvent tuer un humain en quelques secondes.  De tels déchets doivent être manipulés à distance et les travailleurs doivent être protégés des radiations.  Les travailleurs doivent aussi être protégés des déchets de niveau intermédiaire comme les pièces détachées du réacteur, les filtres, résines et déchets solidifiés d’isotopes médicaux.  Les déchets de faible radioactivité sont un terme pour les matériaux qui posent un risque avec de plus longues expositions, ou qui émettent des formes moins pénétrantes de rayons alpha et bêta.  Les émetteurs alpha et bêta peuvent être manipulés par des travailleurs sans blindage mais sont hautement dangereux si inhalés ou ingérés.

Il est prévu de disposer de plusieurs matériaux radioactifs de longue durée de vie dans le monticule.  Les radionucléides avec des demies-vies* de plus de milliards d’années seraient entreposés dans le monticule.  Jusqu’à 1,000 tonnes métriques d’uranium-238 avec une demie-vie de 4.5 milliards d’années sont destinées à être entreposées dans le monticule selon l’étude d’impact environnemental.  Cinq isotopes de plutonium, incluant le plutonium-239, avec une demie-vie de 24,000 ans, sont destinés à y être entreposés.  L’inventaire des déchets inclut d’énormes proportions de strontium-90 et de césium-137 dont les demies-vies sont autour de 30 ans.  Cela inclut aussi de grosses quantités de carbone-14, avec une demie-vie de 5,700 ans, et du tritium (la forme radioactive de l’hydrogène), avec une demie-vie de 12.3 ans.  Le carbone-14 et le tritium sont de faibles émetteurs de rayons bêta mais ils s’incorporent à l’ADN et aux autres molécules biologiques s’ils sont inhalés ou ingérés, où ils persistent pour une plus longue période et peuvent causer de plus grands dommages biologiques encore.

Les déchets de faible radioactivité font seulement référence à la portion radioactive des matériaux destinés au monticule.  Selon l’étude d’impact environnemental, plusieurs autres substances toxiques, dangereuses ou à longue durée de vie iraient dans le monticule, incluant des matériaux contaminés avec des BPCs, de l’asbestos, de l’arsenic et du mercure.

Dans plusieurs cas, il peut être impossible de séparer les déchets de radioactivité faible et intermédiaire.  Les déchets nucléaires canadiens sont un mélange complexe de centaines de substances radioactives d’origine humaine créées par la fission nucléaire.  La recherche sur les armes nucléaires à Chalk River a généré un très large éventail de déchets – beaucoup plus complexe que ceux des réacteurs.  Les déchets n’ont pas été systématiquement analysés au cours des années et les données antérieures à 1954 ont été perdues.  Les déchets ont été mis dans le sable, créant de larges panaches de tritium, de carbone-14 et de strontium-90 qui ont contaminé de grosses parties du sol.  Un ancien expert en déchets atomiques de EACL a signalé que séparer les déchets de longue durée de vie de ceux de courte durée de vie et faible activité pourra s’avérer impossible.   Les conteneurs d’expédition contenant des débris de démolition de Chalk River et des laboratoires Whiteshell sont empilés près du site du monticule.  Si la proposition du monticule est approuvé, ceux-ci seraient amenés dans le site du monticule et couverts de sol contaminé.

Le monticule ne contiendrait pas et n’isolerait pas les déchets.  Le monticule de Chalk River ne rencontrerait pas les normes de sécurité internationale qui obligent à garder les déchets radioactifs en-dehors de la biosphère pour la durée du danger radioactif.  Mettre des déchets radioactifs de longue vie à la surface accroît les risques d’accidents et de fuites durant les opérations et les événements climatiques extrêmes comme les rafales, les tornades et les pluies torrentielles.  Les déchets de longue durée de vie contamineraient de façon permanente la rivière Outaouais et exposeraient un grand nombre de personnes à de bas niveaux de radiations durant des millénaires.  Les  normes de sécurité internationales requièrent que ces déchets soient  enfouis dans le sol.   L’emballage,  l’étiquetage et l’entreposage  appropriés dans le sol, sur du roc stable, loin de sources d’eau potable, créeraient plusieurs emplois à long terme rémunérateurs et contribueraient à l’établissement d’un leadership canadien sur la gestion globale des déchets radioactifs.

* La “demie-vie” d’un radionucléotide est la période de temps nécessaire pour que la moitié des atomes se désintègrent (explosent) créant une radiation atomique dangereuse.  Si on multiplie la demie-vie par 10, nous obtenons le temps requis à un radionucléotide pour être réduit par un facteur de 1,000.

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