La Presse: Lettre ouverte ~ Le Québec doit prendre position contre le projet d’entreposage de déchets radioactifs à Chalk River

https://www.lapresse.ca/dialogue/opinions/2024-11-26/dechets-nucleaires-a-chalk-river/le-quebec-doit-prendre-position-contre-le-projet.php

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSELa ville de Chalk River, en Ontario

Dans cette lettre au ministre Benoit Charette, neuf chefs autochtones ainsi que neuf représentants d’organisations pressent Québec de s’opposer au projet d’entreposage de déchets radioactifs à Chalk River, en Ontario, près de la rivière des Outaouais, un affluent du Saint-Laurent.

Publié hier à 11 h 30

Chef Lance Haymond

CHEF LANCE HAYMOND Première Nation de Kebaowek*

Monsieur le Ministre Charette,

Il est temps d’agir. Le projet d’Installation de gestion de déchets près de la surface (IGDPS) à Chalk River, en Ontario, représente des risques environnementaux, sanitaires et culturels graves et immédiats pour les communautés situées à l’est de la rivière des Outaouais, notamment les Premières Nations et les Québécois. Pourtant, le gouvernement du Québec est resté silencieux face à cet enjeu crucial. En tant que chef de la Première Nation de Kebaowek, je vous exhorte à prendre une position ferme et publique sur cette question qui menace une source vitale d’eau potable pour des millions de personnes, tant québécoises que membres des Premières Nations.

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE« Chaque jour sans action nous rapproche d’un dommage irréversible pour la rivière des Outaouais », écrit l’auteur.

La Nation Anishinabe, avec les municipalités, les organisations environnementales et les citoyens préoccupés, est à l’avant-garde de l’opposition à ce projet. Plus de 140 municipalités au Québec, ainsi que des partis politiques fédéraux, comme le Bloc québécois et le Parti vert, et provinciaux, comme Québec solidaire, ont publiquement manifesté leur opposition au projet d’IGDPS à Chalk River.

Le 9 septembre 2024, lors d’une conférence de presse avec le Bloc québécois, nous avons souligné la gravité de cette situation.

Le message collectif était clair : le Québec doit protéger ses citoyens et son environnement contre les dangers à long terme du monticule de déchets nucléaires près de la rivière des Outaouais.

Votre silence continu sur ce dossier est profondément préoccupant et de plus en plus intenable. À mesure que le projet avance, vous persistez à ignorer les préoccupations légitimes des communautés autochtones, des experts en environnement, des municipalités et des citoyens québécois. Chaque jour sans action nous rapproche d’un dommage irréversible pour la rivière des Outaouais, rivière sacrée pour le peuple anishinabe et cruciale pour la santé et le bien-être de millions de Québécois.

Pourquoi le leadership du Québec est essentiel

  • Protection environnementale : Le projet d’IGDPS à Chalk River représente un risque majeur pour la rivière des Outaouais, qui approvisionne en eau potable des millions de Québécois. La protection de cette ressource inestimable doit être une priorité pour tout gouvernement engagé envers la durabilité et la gestion responsable de l’environnement.
  • Sentiment public : L’opposition de plus de 140 municipalités témoigne de l’inquiétude généralisée des Québécois. En restant silencieux, le gouvernement ignore les voix de ses propres citoyens.
  • Droits des Autochtones : Le projet d’IGDPS à Chalk River a été lancé sans consultation adéquate avec les communautés autochtones, en violation des principes de réconciliation énoncés dans la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA). Une position ferme du Québec permettrait de protéger l’environnement tout en respectant les droits des Autochtones.
  • Leadership politique : Un engagement public du Québec s’alignerait avec les objectifs climatiques de la province et démontrerait une gestion responsable des ressources naturelles. Le Québec a l’occasion de créer un précédent fort quant à la prise en compte des préoccupations environnementales et autochtones dans les projets futurs.

Monsieur le Ministre, les Québécois attendent que vous fassiez preuve de leadership, tout comme ma communauté attend de ses dirigeants qu’ils prennent une position ferme face à de telles menaces environnementales. La rivière des Outaouais ne peut plus attendre, les communautés et nos peuples qui en dépendent non plus.

Le moment d’agir, c’est maintenant.

*Cosignataires : chef Jean-Guy Whiteduck, Kitigan Zibi Anishinabeg ; chef Casey Ratt, Algonquins de Barriere Lake ; chef Regis Penosway, Conseil Anicinapek de Kitcisakik ; chef Lucien Wabanonik, Conseil de la Nation Anishnabe du Lac Simon ; cheffe Chantal Kistabish, Conseil de la Première Nation Abitibiwinni ; chef Henry Rodgers, Première Nation de Long Point ; cheffe Lisa Robinson, Première Nation de Wolf Lake ; cheffe Vicky Chief, Première Nation de Timiskaming ; Ole Hendrickson, Concerned Citizens of Renfrew County and Area ; Ginette Charbonneau, Ralliement contre la pollution radioactive ; Gordon Edwards, Regroupement pour la surveillance du nucléaire ; Jean-Pierre Finet, Regroupement des organismes environnementaux en énergie ; Rebecca Pétrin, Eau secours ; André Bélanger, Fondation Rivières ; Lucie Sauvé, Collectif scientifique sur les enjeux énergétiques au Québec ; Eric Notebaert, Association canadienne des médecins pour l’environnement ; Marie-Claude Beaulieu, Mères au front rivière des Mille Îles ; Geneviève Carrisse, Mères au Front Rivières de l’Outaouais

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